Gallerie des Textes

C’est un gangster, ce n’est pas un père !

C’est un gangster, ce n’est pas un père ! Il a fessé son fils d’à peu près quatre ans qui se réfugiait dans le tissu sans plis, hélas, de la robe couleur crème de sa maman pâle. Il lui avait dit de ne pas courir dans le magasin, qu’on ne le chercherait pas et qu’il se perdrait et bon débarras. On ne court pas entre les rayons des vêtements, on ne s’amuse pas, on ne bouge pas. Il a reçu la fessée du père agacé de ne pas être écouté, furieux qu’on ne lui obéisse pas. C’est la mère qui est responsable. Elle lui passe tout, elle le gâte. Il le dit assez fort pour couvrir les pleurs du petit. Je fixe cet homme avec sa moustache et ses petits yeux noirs, sa chemise à carreaux rouges et bleus et son air qui simule la satisfaction. Je le regarde et il

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Gardons les masques

Trois jours après qu’on nous ait lâché, moi, je ne pouvais plus guère marcher. J’avais pris mes cliques et mes claques histoire de fuir le fameux virus. Car cet animal, figurez-vous, nichait sans qu’on l’y ait convié dans mon salon. Il était plus exactement pile poil sur l’écran de mon téléviseur et aussi Sur celui de mon ordinateur. Et donc, tous les jours durant plus d’un mois, J’ai dépassé les bornes. C’est un genou qui a cédé. Mais je ne regrette pas ces délicieuses ballades en solitaire dans mon quartier et au-delà. Chaque rue porte un mystère. Son nom déjà. Rares sont les individus inscrits dans les petits carrés bleus sur la façade, haut, au 1er de la rue, que nous connaissant, il faut bien l’avouer et puis les noms communs cachent aussi une vieille histoire. Son aboutissement enfin. Entre les deux c’est l’Amérique ou le désert.  Entre le deux,

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La Vague

J’entends encore gronder la vague J’entends encore s’offrir la vague Violemment, au rocher le plus haut. Je l’entends éclater Je l’entends se défaire et trainer Sur les pierres, l’écume de ses jours. Je vois encore quand la nuit tombe Comme des voiles de mariées Oubliés, tout au long des côtes Ce sont les défuntes vagues Qui, mieux que le soleil Illuminent le ciel Illuminent mon souvenir.

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Les ponts

Sur des ponts de papier Nous prolongeons la vie Du flot noir sous nos pieds Du ténébreux lavis S’exhale un gaz amer Qui parfois nous dérive Sensation éphémère : Il y a 1’autre rive. Les ponts dans une vie Sont plus nombreux qu’on croit Souvent ils nous dévient Loin du fleuve de croix Ils sont de feu, de glace Et pourtant, ils atteignent La galerie des grâces Où coulent des fontaines Mais, peut-on ignorer Tous ces ponts de papier Se teintant mordoré Sous le poids de nos pieds Et que même à genoux La nuit d’encre et ses sables Fait sombrer avec nous En son cœur insondable.

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Couleur d’hiver

Tout est bleuté, ce soir, sous la brume qui s’attarde. Des ailes en virgule, sur la neige du champ, De petits fils noirs fuyant vers la ville feutrée. Des hauts toits en guirlande, dentelés par le froid, Sortent de belles fumées couronnées d’un air pastel. En bas, la foule å grands pas pointillent les trottoirs. Les rousses lueurs des rues sillonnent son visage D’aveugle solitaire qui feint la vie par tics. En ce soir d’hiver, la nuit voilée danse un peu tôt.

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Un ami

Voir un ami qui part, Qui s’en va pour toujours Sans s’arrêter aux gares, Aux gares ni aux carrefours. Voir un ami partir Sans pouvoir retenir Sa vie jusqu’å demain Sans pouvait s’accrocher Aux lignes de sa nain. Ne pouvoir rien crier A ses yeux qui se perdent Ne pouvoir que pleurer En frôlant son corps raide Avez des doigts troublés Et un cœur révolté. Ne pouvoir qu’espérer Revoir, après la mort Son sourire plein d’été Et l’espérer si fort, Et espérer le croire ; Vouloir garder l’espoir, Vouloir ã s’en faire mal, A en devenir pâle A en devenir fort, A en vaincre la mort. Voir un ami revenir Revenir pour toujours Le voir vite courir Les bras ouverts au jour, Défait de toute croix, Les bras tendus vers moi Comme vers l’avenir Voir un ami revenir.

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Courte visite

Je pousse un portail et un cri d’origine Pour ramper dans un monde aimantant la rétine Des ombres accablées, toutes en pans de haillons Se hissent en drapeaux, signaux de bataillons Soudain, elles se lacèrent en informités Laissant choir sur mes pieds un sang noir imité D’un couloir de velours blanc viennent en appât Dos lueurs fardées qui se mêlent å mes pas Et éjaculent sur sa chair des raie cuivrés Dans ce passage vivement lumineux mais mort Qu’une douce pénombre édulcore Une grille entrave ma marche intruse Et na pensée que 1’interregation amuse La grille soulevée, 1’air devient jaune Et je vois, derrière un rideau d’or, sur leur trône Des dieux dans un empire où tout n’est qu’encaustique Des yeux sans un lampyre, aux paupières hystériques : Des mains figées, sans ligne, aux doigts épais bagués De grasses cuisses sans veine aux abords renflés J’abrège la visite qui m’a

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Métro

Rayures horizontales puis verticales grises, Sur le sol du métro, en voit pendre des pieds, Des semelles en deuil, des talons tout usés, Des chaussettes jouant un air d’accordéon Comme ces quelques artistes pauvres et blonds Qui chantent aussi, parfois, pour des queues de cerises Rayures horizontales puis verticales grises, Sur le sol du métro, tombent des cigarettes, Des rectangles jaunâtres et des tas de miettes, Des regards vagues et tristes pleins de médiocrité, Les mots saouls de barbus sans personnalité Qui se heurtent sans cesse å ces rayures grises Du métro polisson qui se moque bien d’eux Comme de tous ces gens qui ne peuvent être heureux.

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La nuit

La nuit se coule sur le béton des villes Et la lumière déborde des fenêtres Sur le papier bleu d’une chambre inconnue Les coquelicots d’un foulard se répandent Deux ombres alors se renversent et s’inversent La nuit se coule sur le béton des villes Et mon regard se noie dans un sommeil lourd.

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Nostalgie

J’avais écrit un poème Et je 1’ai perdu. J’avais écrit un “je t’aime” Dans mon cœur En lettres rouges Et je 1’ai vendu A n’importe qui Pour quelques couleurs J’en ai fait un tableau Mais, je 1’ai perdu. Alors, j’ai réécrit un poème Et je 1’ai gardé. J’ai réécrit “je t’aime” Dans mon cœur En lettre rouges Et je 1’ai donné A lui, Pour de 1’amour J’en ai fait un tableau Et je 1’ai gardé. Mais ce que je n’ai plus Je le garde aussi Et c’est pourquoi J’ai si mal parfois.

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