Mon parcours

  • 1981-1882-1983 Recueil de poèmes
  • 1984 Beaux Arts Versailles et cours de modèles vivants dans un atelier à Paris
  • 1985 Enseignement des différentes techniques de dessin par correspondance et travail pratique dans les rues parisiennes.
  • 1986-1987 Cours publics de dessin à Marseille.
  • 1988 Béthune Dessins dans un tout nouveau paysage et  poèmes.
  • À partir de 1989  Réapprentissage des mots, de la lecture, de l’écriture et dans une moindre mesure du dessin à la suite d’une intervention chirurgicale.
  • Lyon 1990-95 Activités picturales importantes afin de retrouver un niveau satisfaisant. Écritures de petites nouvelles pour enfants.
  • Marseille 1996 jusqu’à aujourd’hui. Poèmes, peintures, dessins, pièce de théâtre de fantasy, cours de modèles vivants dans un atelier public.

Biographie

Je suis née, je le crois, un pinceau à la main. Je suis sûre d’avoir, sur le corps utérin posé un doigt nerveux et d’y avoir laissé une trace de rêve, une empreinte éphémère juste avant de sortir. C’était le 15 janvier 1964 à Versailles.  Depuis, mon index a grandi mais pas assez pourtant pour toucher celui de Dieu. Et, s’il m’a servi à bien d’autres choses, je lui ai préféré, pourtant, à tort ou à raison, le poil de porc ou de blaireau.
Mon parcours scolaire ne fut pas lumineux. D’une santé fragile, je me réfugiais dans l’imaginaire et n’avaient grâce à mes yeux que littérature et art plastique. Encouragée dans ces domaines, je leurs ai donné de mon temps. L’amour du trait, l’amour du mot me fit frénétiquement remplir des cahiers.
Après un passage aux Beaux-Arts de Versailles à la suite de mon année de Terminale, la passion ne supportant pas l’espèce d’autorité désenchantrice de l’enseignement relayée par certains professeurs frustrés, je quittais sans diplôme l’institution, convaincue à l’époque que le feu qui m’animait et le travail personnel suffirait à me faire entrer dans la sphère artistique.
Durant une année, j’ai donc, grâce à des parents compréhensifs et sans doute un peu troublés par autant de détermination, me constituer un dossier de dessins et peintures. J’ai parcouru les rues de Paris et dessiné des monuments, des statues, des gens, des animaux. Je me suis inscrite à des cours du soir de modèles vivants dans le quartier de La Motte Piquet Grenelle et en parallèle, je suivais des cours d’enseignement artistique par correspondance pour compléter mes connaissances techniques. Je passais des journées entières dans les musées, au Louvre mais essentiellement à Beaubourg. Quelle chance d’accéder, au bout du couloir sombre de métro, à cet univers parallèle rayonnant des œuvres impressionnistes fauvistes cubistes Surréalistes et abstractionistes. Je me rappelle l’émotion face aux œuvres d’un Henri Matisse, d’un André Derain, d’un René Magritte, d’un Salvador Dali , d’un Pablo Picasso, d’un Kandinsky, d’un Egon Schiele… Michelangelo, Raphaël, De Vinci, Le Poussin, De la tour, Delacroix… des génies sans doute et à cette époque où des artistes comme Ben, Combas et Di Rosa avec une peinture tellement libre et vibrante pointaient leur nez, mes yeux non avertis préféraient se replier sur un passé qui me touchait. J’étais à Paris seulement depuis deux ans. J’avais quitté Aix en Provence sans avoir jamais vu un Cézanne pas plus qu’un Van Gogh dont j’étais très amoureuse.
 
Je me suis alors, malgré mes a priori sur une formation académique, présentée confiante au concours d’entrée aux Beaux Art de Paris comme on se présente sans phare à l’entrée d’un tunnel qui aboutit sur l’autoroute du soleil ; sans phare, à l’aveugle naïvement. J’ai échoué. La déception fut grande d’autant que cet échec signait pour moi l’arrêt d’une possibilité de « professionnalisme » dans le petit monde des Beaux Arts.
 
Je me suis alors, malgré mes a priori sur une formation académique, présentée confiante au concours d’entrée aux Beaux Art de Paris comme on se présente sans phare à l’entrée d’un tunnel qui aboutit sur l’autoroute du soleil ; sans phare, à l’aveugle naïvement. J’ai échoué. La déception fut grande d’autant que cet échec signait pour moi l’arrêt d’une possibilité de « professionnalisme » dans le petit monde des Beaux Arts.
 
Je passe sur les concours dont celui d’infirmière psychiatrique, sur les petits boulots sans suite, sur ma formation de secrétaire de retour à Aix en Provence, d’un stage dans une boite de films publicitaires et d’une formation chez un joaillier marseillais à l’issu d’un casting ésotérique que j’ai dû interrompre pour partir à Béthune où mon compagnon allait travailler. J’abandonne aussi mes cours de dessin dans le quartier d’Endoume avec ce professeur fantastique dont malheureusement j’ai oublié le nom ; qui m’a redonné confiance et le gout du travail à l’extérieur. J’avais alors participé à plusieurs expositions dont une à Aubagne et Allauch ou j’avais reçu un prix pour jeunes artistes.
 
Partie en vacances, sur le trajet Béthune Marseille, en train, après un épisode migraineux, je suis victime d’une crise comitiale grand mal et je me retrouve aux urgences de la Timone à Marseille. Les examens montrent un angiome dans le cerveau de la taille d’une mandarine, autant dire une bombe à retardement.
 
J’ai 25 ans.

Je me fais opérer mais les séquelles sont nombreuses et invalidantes
J’ai la sensation d’avoir pris de l’élan et de m’être complétement scratchée sur une surface noire, rugueuse et d’avoir été abasourdie pendant des années, complétement incapable de prendre mon destin en main.

Après cette période de léthargie aux allures de retraite anticipée, malgré un travail de rééducation, je m’occupe de ce feu sacré qui m’anime encore. Je le nourris, je lui apporte l’oxygène et… je bûche pour combler une mémoire trouée. Et puis, un jour, pour Noel, comme un cadeau, je donne naissance à la plus belle des créations, une création qui ne cesse de s’enrichir avec l’attention qu’on lui porte et qui, un beau jour comme par magie, a tant grandi, qu’elle est fin prête à quitter l’atelier, pour seule, trouver son avenir.

J’ai toujours malgré tout, pris le temps pour l’écriture( poèmes, une pièce de théâtre )et le dessin…pour des idées…pour l’inspiration même si je n’ai encore pu concrétiser les plus audacieuses, faute de moyens.

Je me suis inscrite aux ateliers publics pour me confronter à nouveau aux modèles vivants. L’exercice était loin d’être évident. J’y ai fais de belles rencontres, celles de Nathalie Hugues ou Julie David artistes professionnelles ainsi que celles d’amateurs très engagés.

Je suis boulimique d’expositions. La Friche de la belle de mai, La vieille charité, le musée d’art contemporain, le Mucem et le fort st Jean, le FRAC, le centre photographique Marseille etc… sont autant de lieux de réjouissance que de culture bien que l’on puisse déplorer le manque d’espace dédié aux pratiques expérimentales. Certaines galeries sont également des endroits de découvertes qui ne sont pas suffisamment fréquentés.

Je fais aujourd’hui partie de deux associations de peintres qui exposent dans des centres culturels et parfois en galerie. Leurs styles sont en général assez « classiques », art paysager figuratif et eux même se trouvent souvent interrogatifs au regard de ma peinture. Nous y rencontrons avec beaucoup de plaisir un public d’amateurs ou de curieux. Je me suis encore récemment inscrite dans un nouveau groupe pour pratiquer le modèle vivant.

Dans ma façon d’aborder un sujet de création, Je ne m’interdis aucune fantaisie. Je pense que le style est une foutaise et je suis bien aise de n’en avoir point.

Je traite des sujets qui me touchent, qui m’impactent et je ne peux les retranscrire par le biais d’une technique, de couleurs, de formes préétablis sans trahir mon inspiration du moment donc, si besoin est, je fais le vide dans ma tète (en général c’est assez facile) et j’essaye de n’avoir qu’une contrainte (elle est déjà de taille), c’est celle qui concerne mon portefeuille.
Pour ce qui est des influences dont je pourrais être victime, je crois qu’en fait je suis tellement imprégnée des odeurs de plusieurs générations de peintres que je dois beaucoup transpirer pour arriver à sentir ma propre odeur.

Mes créations, sans plaisanter, souvent, surgissent après une émotion rouge, physique, charnelle, ou une recherche fébrile que j’intellectualise ou que je compose parfois ensuite pour qu’elle soit moins douloureuse. Cela dit, il m’arrive quand même de me laisser aller à des réalisations plus légères et même ludiques.

J’aime explorer les dimensions émotionnelles, symboliques et sociales de l’existence humaine. Je veux montrer de l’authenticité et de la lucidité, les tensions intérieures et les fragilités du monde contemporain. Une part essentielle de ma démarche artistique est de questionner le regardeur, de lui donner une émotion même négative pour qu’à son tour il devienne acteur. Aussi, je m’applique parfois à compléter mon langage visuel, pictural par un langage sensible car l’usage que je fais parfois de la peinture avec des tensions, des contrastes chromatiques, des textures fouillées, de la matière vibrante des coups de pinceaux appuyés, peut déranger. Je ne peins ni pour plaire ni pour choquer. Chaque œuvre se doit de fonctionner comme un espace de révélation où la couleur et la matière deviennent des vecteurs d’émotions et d’interrogations.
Je m’inscris s’il le faut dans une tradition humaniste et mon univers va de l’expressionisme (la couleur comme outil expressif Nolde, Kirchner, la distorsion expressive, le primat de l’émotion sur la forme) à l’abstraction figurative en passant par le symbolisme. Je tente de donner au regardeur, sans filtre académique, un fragment d’émotion rendu visible sur des thèmes qui me semblent essentiels, la préservation de la biodiversité, le sauvetage de notre planète, la conscience sociale, la fraternité, la violence, les bouleversements sociétaux…
L’art ne change pas le monde mais s’il peut engendrer l’action qui lui rendra un peu de raison, d’espoir et de beauté, au lieu de générer sur son obscure marché, spéculation et profit, je souhaite de tout cœur faire partie de ce premier rouage.

Malheureusement l’art « engagé » trouve difficilement son public et sa place dans les galeries !