Gallerie des Textes

Cinéma noir et blanc

Un point de blanc, un point de noir Pour faire un plan contradictoire Un point de blanc, un point de noir Pour faire croître une belle histoire Mais aujourd’hui je suis perdue dans les couleurs Le bleu, le rouge me font peur J’aimerais tant fixer ces heures Ou noir et blanc berçaient mon cœur Je suis perdue dans cette outrance Le vert, le mauve : indifférence J’aimerais reprendre le temps Ou l’noir et l’blanc avait vingt ans Un point de blanc, un point de noir Pour faire un plan contradictoire Un point de blanc, un point de noir Pour faire croître une belle histoire Ce n’est pas une question d’âge Si Je suis restée à l’étage Où le ton est clair ou foncé Ou l’esthétique est éclairée C’est que j’aime cette palette Et son jeu secret et honnête Un point de blanc, un point de noir Pour faire un plan contradictoire

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LA BAIE DES ANGES (série 1983)

Le réveil qui tictactonne, La mouche qui bourdonne, Et dehors la mer, la mer et la Baie d’or Baie qui offre la mort Aux amours du silence et des dunes Aux amours sans méfiance et rancune Le Baie des Anges Où viennent s’émousser toutes mélancolies, Où le spleen embrumé s’écume en un cri Les mouettes noires sur le sable groupées Aiguisent leur voix enrouée Pour chanter leur souffrance et aussi leur espoir. Dans le ciel, par de nombreux nuages blanchi, Dans le champ du poète, le chant de la victoire Tonne L’orage claque le vert de la mer Des lumières en nervures s’y posent. Les vagues, furies en farandoles, décuplent 1’écume… Pour un instant, le ciel est de brune Le vent ne siffle plus Et voici le soleil qui rend tout pareil Le réveil qui tictactonne, La mouche qui bourdonne.

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A VINCENT WILLEM (série 1983)

Ce soir-là, sous la lumière d’un champ d’hélianthes Un lambeau d’ombre errant couvrait la terre ondée D’un gris mauve incisif pris dans ses chairs béantes Le ciel en fièvre happait les chaumes ensorcelés Et le vol turbulent de leurs maigres corbeaux. Les tourbillons marins tourmentaient sans cesse Les feuillus en flamme qui hérissaient la nuit. Mais la lune exaltée se blessait dans l’ivresse Aux flèches des églises imposantes d’ennui Laissant rouler dans l’air les rubis les plus beaux. Ce soir-là, sous la lumière d’un champ d’hélianthes Un lambeau d’ombre errant couvrait la terre ondée D’un gris mauve incisif pris dans ses chairs béantes Puis l’ombre disparut au pied d’un grand cyprès Un homme était couché sur la mousse hérissée Sa tête enracinée dans la terre brûlée Laissant son front nu, une boucle sauvage S’élevait furieuse le long des verts feuillages Elle grilla l’œil curieux d’un cyclone qui savait Van Gogh

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Mon bal

Petit bal au temps gai Meurs ou deviens un rêve ! Sous la lune on tanguait Dans une joie sans trêve Gros rouge et jazz unis Nous portaient loin des bennes Toi, moi, tous réunis Nous étions rois et reines Petit bal au temps gai Meurs ou deviens un rêve ! Bras dessus bras dessous Oh folles farandoles ! Rythme, rire et moues Sous un flot de paroles Piaffant tombant miaulant Nous aurions l’amitié Nous n’avions que le vent Comme propriété Petit bal au temps gai Meurs ou deviens un rêve Meurs ou deviens un rêve ! Petit bal au temps gai… 

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La fugue

Le frisson de la fugue Je l’ai eu et m’en targue Il m’a entrainé loin de mon enclos natal Il m’a entraîné vers de nébuleux dédales Où était le clairon qui devait me guider ? A tâtons j’avançais sans oser regarder La trace informelle de mon vagabondage J’avançais fièrement j’avançais avec rage Empruntant maints chemins disposés A me raccompagner dans mon trop vert foyer Je les quittais, certain d’enfin trouver celui Qui depuis tant d’années Me traversait l’esprit Engagé là, au creux d’une illutions parfaite De loin, je le voyais, j’avais le cœur en fête Je volais, éperdu comme une libellule Comme un coquelicot sans son fin pédoncule Je volais emporté par un vent fallacieux Et puis, le souffle court, je perdis tous mes feux Et m’écrasais à terre en quelques brunes taches Se laisser emporter quand on est qu’une vache Par des courants contraires au fond de douces sphères Où

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La peur, c’est l’opium du peuple

On ne croit jamais qu’on va mourir ! Même si l’on voit dans le miroir Se creuser chaque jour un peu plus Sur nos joues les sillons de nos tombes Même si le regard s’étourdit Et si la main tachée se replie On ne se voit pas au cimetière L’idée de nous bouche relâchée Exhalant de la cadavérine Ça fait grincer les dents Et ça fait rire jaune Chassée, assommée et bâillonnée Dans un coin sombre de notre esprit L’idée disparaît où se déguise à souhait L’habit est d’or et la lèvre est pourpre Prête à embrasser une autre vie. On ne croit jamais qu’on va mourir Un jour, ce jour, bientôt ou plus tard Peu importe à vrai dire, ça viendra. Ça vient par un virus, un typhon Ça vient par une guerre, un pépin Mais ça vient. Chez nous souvent moins jeunes qu’ailleurs Chez nous souvent moins vite qu’ailleurs

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